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To be Neutral ? Or not to be neutral ?

Posted by Fred on December 19, 2017
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Ces derniers temps, un sujet a fait couler beaucoup d’encre virtuel sur les blogs ou les sites de presse spécialisés. Il s’agit de la neutralité du net.

Cet élément est un fait fondateur et important pour internet. Et même si l’écho qui en a été fait est fort, il a été éclipsé par la mort de Johnny Halliday et la course aux cadeaux de Noël, sujets ô combien plus glamour.

Je suis partagé sur ce sujet. Je fus membre de l’Isoc France, l’Internet Society, qui prône un accès libre et égalitaire à l’internet. Et je partage cette amour de la liberté et surtout de la non censure.

J’ai été en Chine, et je n’ai pas pu pendant une semaine mettre à jour mon statut FaceBook (ce qui en soit n’est pas un drame, je le reconnais) à cause du filtrage réseau.Je n’aimerais pas devoir payer plus pour accéder à Deezer alors que je paye déjà mon abonnement à cette application, juste parce que mon opérateur le décide (si par exemple il souhaitait favoriser Spotify).

Je ne souhaiterais pas vivre le scenario très bien décrit dans l’article de Nicolas Chagny, de l’Isoc, nous sommes d’accord. Mais, il y a un mais.

Je suis aussi chef d’entreprise, en plus d’être utilisateur d’internet.Et je pilote (avec Charles Tiné) une entreprise dont le métier de d’héberger des sites internet : SafeBrands. Ce n’est pas le plus gros opérateur réseau du monde, et je ne prétend pas être le plus mis à mal, mais laissez moi vous décrire une possibilité.

En 2025, mes enfants regardent moins de films à la TV, mais ils ne les regardent que sur leur téléphone. Et quand ils vont chez leur grand-mère en haut de la montagne, il sont content de souscrire à l’option ‘privilège vidéo’ qui leur optimise leur flux pour continuer la série 25 des Marseillais à Calcutta.

En 2025, De plus, l’abonnement internet de base étant tombé à 2 euros suite à la compétition acharnée que se livre les opérateurs, je n’ai plus le même débit en plein centre de Marseille. Évidement, puisque 3 techniciens ou administrateurs réseaux sur 4 ont été licenciés, pour recouvrir les coûts ezt remplacé par des drones, qui peinent à réinventer le bricolage pour fixer un cable cassé. Alors je fais appel à Opérateur Vip, qui agrège des tuyaux de bandes passantes en suivant mon chemin pour toujours me garantir un débit fluide pour ma connexion VPN. Cette option vise à augmenter la stabilité de connexion, plus que le débit, mais cela m’arrange, c’est ce que je cherche.

J’ai aussi plus souvent besoin de voyager, car ma société est situé à Marseille, Paris, Strasbourg. En tant que grand voyageur SCNF, j’ai un accès privilégié à mes billets et à toutes les infos du trafic SNCF.

Ces quelques exemples sont complexes pour l’instant, car ils signifieraient que les opérateurs favorisent tel ou tel flux suivant l’abonnement. Ce n’est pas neutre. Et c’est interdit. Mais c’est utile, surtout lorsque la concurrence tire le prix de la connexion vers le bas, et laisse peu de cash aux entreprises pour maintenir les tuyaux, les machines, les routeurs qui font la solidité d’internet. Et puis en cas de problème grave, qui serait choqué de voir les opérateurs privilégier les flux de transmissions de la police plutôt que les retransmissions Facebook Live d’un massacre ?

Je ne dis pas que je souhaite qu’on puisse facilement censurer un bout de l’internet, sur simple décision arbitraire. Je ne souhaite pas que la fibre Google puisse se retrouver dans une situation où l’internaute ne peut accéder qu’à Youtube, et aux seules vidéos bien indexées.

Mais si on veut un internet neutre, alors il faut arrêter de considérer qu’il doit être gratuit et de vendre ses propres datas en échange de vidéos de chats. Un internet de qualité neutre, à un coût qui permet de maintenir une vraie qualité ? oui. Un  internet sur lequel je n’ai pas a donner toutes mes infos à Google lorsque je me connecte à mes pokemon ? Oui, mais je veux bien en payer le prix.  Et d’ailleurs, ce prix on peut l’estimer : un article intéressant a fait les calculs. 8 Dollars US.  C’est la valeur de vos données. Pour vous garantir un accès à un internet un peu captif. Alors si pour 8 dollars on vend ses données, ses infos, je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas payer 15 dollars par an pour avoir une bonne bande passante.  Mais je suis Européen, j’ai un travail, c’est plus facile pour moi.

Si Snapchat avait du payer le volume de données échangées sur un internet pas libre, oui, elle aurait eu du mal à percer. Et la neutralité a aidé. En même temps, il est plus facile de parler neutralité quand on a des Business Angels, et le droit de perdre de l’argent pendant des années.

Alors neutre ou pas neutre ? J’aimerais un internet qui fonctionne, et qui permet aux entreprises de payer les salariés de l’ombre qui le font fonctionner, et qui peut me permettre quelques pass vips, quand j’en ai besoin.  Parmi les partisans de la neutralité, y en a-t-il qui remettraient en cause les pass vip chez Portaventura un jour d’août ?

C’est à nous les utilisateurs, de tenter de gouverner les tuyaux et le contenu. Il y a du travail !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Icann 57 – Namaste, première édition post transition

Posted by Fred on November 05, 2016
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57, c’est un chiffre qui commence à compter, et au rythme des réunions Icann, les villes hôtimg_3770es du monde entier vont bientôt être épuisées.

Mais il semblerait que celà ne freine personne, car on annonce plus de 3000 participants (dont 1300 indiens, et un contingent important dans la salle lors de la cérémonie d’ouverture) pour cette réunion qui se tient à Hyderabad, en Inde, dans l’état du Telangana.

Malgré quelques soucis de visa pour les occidentaux, habitués à voyager sans contraintes, ce sont plus de 130 pays qui sont représentés. Il faut dire que l’Inde s’y connait en diversité, avec 1.3 milliards de téléphones mobiles pour 1.25 habitants, 15 versions idns du CCTLD local, et une multitude de langues et moyens de transport (du plus sûr au moins confortable).

Si on ajoute à cela que le Telangana est l’équivalent de la Silicon Valley en Inde, avec sesimg_3769 incubateurs, et ses bureaux de Apple, Amazon, Google, Uber etc … alors on comprend mieux le choix de l’endroit. Surtout qu’on y a créé une cyberpolice pour lutter contre les dangers sur internet.

Mais les sujets abordés comptent aussi, et la transition de l’internet, qui s’est déroulée sans heurts le mois dernier, occupe les esprits. Avec les premières présentations de la PTI (l’organisme en charge de reprendre la fonction Iana), on voit mieux se dessiner le futur de l’internet.

PTI est indépendante de l’Icann, mais ne génère aucun revenu, et est subventionnée par l’Icann, à hauteur de 10 Millions d’Euros. Un mélange qui interpelle et qui devra être défendu cette semaine, même si Steve Crocker, le président du board estime que tout va pour le mieux.

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Les rails sont posés, bienvenue dans le direct Hyderabad-Icann 57.

 

 

Cyberapocalypse, cyberchaos et réels impacts.

Posted by Fred on October 27, 2016
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L’internet tel qu’on le connait est basé sur la résilience et le partage. L’ouverture, la facilité d’usage et une utilisation qui pénètre désormais tous nos objets, toutes les couches de la société.

Qui ne s’est pas extasié de pouvoir ouvrir ses volets à distance ? Allumer son chauffage avant de rentrer chez soi ? Se connecter à un wifi gratuit sans avoir à donner son adresse ? Génial non ?

Est-on arrivé au jour où l’on devra choisir de réguler cela ? En effet, ces douze derniers mois, le nombre d’attaques cyber et d’actes de malveillance a fortement augmenté. En flèche. Entre le crime organisé, les organisations terroristes, les états ou les geeks en mal de sensations, les sources de troubles sont multiples.

Leurs buts sont différents, mais ils peuvent tous compter sur une multitude de relais, entre les ordinateurs (celui de ma mère qui ne voit pas l’intérêt des mises à jour ?) ou les objets connectés (mais à qui on a oublié de changer le mot de passe 1234) . Ces relais, à l’insu de leurs propriétaires, sont utilisés pour organiser des attaques que l’on appelle dénis de service (DOS, et DDOS pour DOS Distribué, aka une attaque de la part de plusieurs foyers). Elles visent à submerger un service, une infrastructure pour la rendre indisponible sur internet, et la faire éventuellement céder pour ensuite la contrôler. Un peu comme lorsque vous êtes refoulés en boite de nuit tout seul et que vous revenez à 25 pour passer en force. Vous serez entrés, mais pas les bienvenus.

L’une de ces attaques a paralysé une partie de l’internet US la semaine dernière (il faut dire que l’attaque était intense et forte), SafeBrands, ma société en essuie plusieurs par semaine, en général sans dommage (mais parfois avec dommage), tous les hébergeurs vivent avec ce risque au dessus de leur tête : une attaque plus grosse que d’habitude qui les fera tomber. Quelle que soit la taille, ici on est dans un modèle physique : si mon attaque est plus grosse que ta capacité, tu tomberas.

Je préfèrerais largement que mes équipes passent leur temps à travailler sur le super projet Bidule ou notre nouveau produit Kitu, mais non, elles arrivent fatiguées par la lutte dès le début de la semaine. Il me faudrait une plus grande équipe. Pour entrer dans la course à l’armement. Toujours plus. Mais pourquoi ?

A noter quand même qu’il existe des solutions, des éditeurs qui proposent des outils pour lutter contre ce type de problèmes. Hasard ? J’ai été contacté la semaine avant notre plus gros DDOS. Qui pousse qui ? Les agences de sécurité ont de beaux jours devant elles.

Ne serait il pas plus simple de faire baisser le nombre de ces attaques ? De lutter contre le mal ? Cela voudrait dire mieux sécuriser et identifier qui utilise quoi.  Adieu proxies anonymes pour regarder Netflix, adieu mails jetables pour discuter en secret. Adieu neutralité du net ? Si on ne favorisait que les flux ‘authentifiés’ (c’est à dire le trafic qui vient de sources ‘propres’ – et qui décide qui est propre ?)  on aurait plus la paix ?

Peut être. Mais franchement, cela pourrait poser d’autres problèmes. Un jour, j’ai été en Chine. Et je n’avais pas accès à Facebook pour montrer les spécialités que je dégustais (essentiel pour la vie du monde) pourtant je ne faisais rien de mal. C’est de la censure. L’état d’urgence de l’internet doit-il être proclamé ? Peut on dire que des gens mal intentionnés veulent tester les limites et les points faibles d’internet pour préparer un Grand cyber-soir ?

Aucune certitude, et un équilibre bien dur à maintenir. C’est le challenge des hébergeurs, fournisseurs d’accès, registrars, registres, qui doivent fournir un service 24/7 à des prix toujours plus bas, pour tous les utilisateurs.

On passe un permis pour conduire une voiture. Ma fille utilise un pc ou une tablette depuis qu’elle a  trois ans, et on vante juste l’ergonomie de l’outil.

Alors finalement, si on reprenait les campagnes de la sécurité routière ? La cyber sécurité c’est un peu l’affaire de tous ?

Changer son mot de passe systématiquement, nettoyer et entretenir son PC, son wordpress, ses outils, c’est comme fermer à clé : faisons le tous.

De notre côté, on s’occupe de pousser les tuyaux, doper les Admins, et trouver des bons compromis pour chacun.

Dormez tranquille. Ou pas.

 

Virtuel ou physique ? Sur quoi conserver mes films ou séries ?

Posted by Fred on July 15, 2016
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Il y a une dizaine d’année, poussé par le manque de place, et interloqué par le nombre de cartons lors de mes déménagements, je me disais : Fred, arrête de stocker des Cds, des Vinyles, des Livres, des DVDs … Et passe au virtuel.

Je me suis interrogé, j’ai pesé les Cds, ils sont plus faciles à ranger que les Bds, mais il se gardent mieux que mes cassettes audio. Et puis j’ai regardé les vinyles stockés dans une armoire. Et je me suis dit : ok, finalement, il faut choisir.

Finalement, j’ai choisi de ne plus acheter de DVD (et plus de cassettes vidéos). C’était le média auquel j’étais le moins attaché. Et j’ai alors commencé à acheter mes films en format digital (car oui, je n’aime pas télécharger illégalement, alors j’achète). Je les ai vus, je les ai mis sur mon pc, puis j’ai voulu les mettre sur un disque dur familial, pour partager. Et enfin aussi les amener avec moi en vacances.

Ensuite, Virginmega a fermé. Et avec la fermeture : plus de codes, plus de lecture possible. Ma filmothèque disparaissait. Dans d’autres cas, le changement de support physique a effacé mes droits à la visualisation. Et au fil du temps les seuls films que je pouvais voir étaient ceux que j’avais récupérés ‘par hasard’. Certes, Itunes est toujours une solution, mais j’ai aussi simplement envie de voir les films depuis mon disque. Sans réseau, dans un avion.

Je comprends le besoin de protéger les œuvres. Je comprends que l’on souhaite mettre en place des garde fous. Mais je ne comprends pas qu’on m’empêche de garder mes fichiers exploitables. Qu’on ne trouve pas un compte à vie pour garder mes films achetés légalement, sans avoir besoin de me connecter à ceci ou celà. Ou alors je n’ai pas trouvé.

Mais qu’a cela ne tienne, j’ai craqué. Ce matin j’ai reçu le coffret des 5 premières saisons de Game Of Thrones. Je le regretterai peut être lors de mon prochain déménagement.  De retour au support physique et à la poussière.